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Punch Club: Ogden nous parle d’improvisation street sans règles

by • 26 octobre 2016 • GROS BUZZ1438

On va se le dire tout de suite, on n’est pas super familier avec l’impro. On en a vu, comme tout le monde, mais le modèle n’était pas super « sexy » mettons. Par contre, à force de voir passer le nom du Punch Club et de voir que c’était le bon vieux Ogden alias Robert Nelson d’Alaclair Ensemble, notre curiosité a été piqué. On s’est donc assis avec notre rappeur bas-canadien afin d’en savoir plus sur l’événement.

C’est quoi exactement Punch Club?

C’est un club de street impro. La street impro, inventée par le Punch Club, c’est du 3 contre 3, aucune règle, argent sur la table, calibre professionnel. L’idée, c’est dépouiller tous les éléments qui alourdissent ou prolonge la mise en scène, pour favoriser le plus possible le côté spectacle et rendre ça le plus accessible au grand public qui a envie de voir l’impro comme un divertissement populaire du vendredi soir et non comme une activité d’exploration théâtrale.

D’où est venue l’idée?

Y’a pas de modèle économique de l’impro au Québec. Pour le nombre de professionnels de l’impro y’en a très peu qui en vivre. L’hypothèse de base qui nous a menés à créer le Punch Club, est que si on veut essayer d’en créer un modèle économique, il faut être capable de compétitionner avec le showbiz en général. Pour faire ça, il fallait éliminer tout ce qui diminue le calibre de jeu, créons un format ouvertement compétitif et ne pénalisons pas les joueurs pour quoi que ce soit. C’est le public qui va décider de ce qui passe et ce qui casse. Le nombre de fois où je suis allé voir de l’impro plus traditionnelle et que le joueur le plus drôle se fait mettre dehors du match parce qu’il a fait trop de cabotinage… Là t’es comme, la personne qui me divertit le plus vient de se faire mettre dehors!

Ça fait combien de temps que ça existe et d’où vient le nom?

La 1re édition était en avril 2012, et le nom est un peu un jeu de mot sur Fight Club. Quand on l’a parti on imaginait un peu cette ambiance clandestine, tsé y’a du cash sur la table, y’a pas de règle, c’est un show pour adultes, y’a d’la boisson dans la place, c’est le samedi soir, etc. Punch Club, ça met aussi l’emphase sur le fait que c’est un show d’humour, tu vas pas là pour voir du monde explorer de l’impro expérimentale ou de l’impro dramatique. Y’a des joueurs qui peuvent même pas espérer un jour jouer dans les ligues plus raffinées, pis pourtant, à mon humble avis ils sont plus divertissants. C’est une question de style de jeu. Au Punch Club, ça brasse!

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C’est quoi ton lien avec l’impro?

Moi j’ai fait de l’impro au CÉGEP. J’ai beaucoup aimé ça, mais j’en ai pas fait longtemps. J’en ai fait 2 ans. Dans une autre vie, ça aurait pu être ça mon art principal au lieu de la musique. Mais mon implication dans la musique m’a fait réaliser que j’avais un talent, mais qu’il n’était pas assez développé. J’avais envie par exemple de mettre la main à la pâte dans ce domaine là.

L’impro n’a pas toujours eu une image très « cool », penses-tu que ça a changé?

Au Québec, on a un paradoxe particulier avec l’impro. Tout le monde sait c’est quoi, tout le monde en a entendu parlé. Mais tout le monde pense que c’est une activité d’amateur en jogging, que c’est un peu lourd, que c’est une affaire de geek de théâtre. Mon but c’est de dire aux gens, vous le savez pas, mais la meilleure impro qui se fait au monde, c’est au Québec, parce que ça vient d’ici. L’impro est au Québec ce que le rap est à NY. Quand les Québécois vont jouer en Europe, tout le monde est sur le cul, ce sont des superstars. Mais là-bas, ils ont réussi à créer un modèle viable, tandis qu’ici y’a peut-être 2 personnes qui en vivent. J’pense que le Punch Club est en train de changer la vision des gens, que les improvisateurs soient vus comme des rockstars. Ce qui est cool c’est qu’avant, le rêve des jeunes joueurs d’impro c’était de jouer dans la LNI. Maintenant, c’est de jouer au Punch Club.

Est-ce que tu vois un lien entre le Punch Club et le battle rap?

En fait, quand j’ai parti le Punch Club, c’était l’âge d’or du Worp Up Battle. Ça m’a beaucoup inspiré, surtout pour la mise en scène. Je ne sais pas si j’aurais eu l’idée sans ça.  L’élément principal emprunté à la culture du battle rap, c’est le cypher sur scène. Le public regarde un public. Sur scène il y a un crew d’initiés, des gens issus de l’impro. Pour moi c’était super important pour plusieurs raisons. Pour impliquer ceux qui sont dans le milieu, mais ne pourront peut-être jamais joué parce qu’ils ne sont pas dans le top notch. Si t’es membre d’une ligue d’impro au Québec, tu rentres gratuit et tu peux être sur scène dans le cypher. Visuellement, y’a souvent des réactions différentes entre le public et le cypher aussi, même si des fois ça ris aux mêmes places. Les joueurs sont rendus à faire des jokes méta pour faire rire le cypher. Des fois un joueur va prendre la stratégie facile de faire une blague que le public va adorer, mais le cypher va faire, voyons donc, tu viens pas de sortir ça? Shameless!

Est-ce qu’il y a des éditions internationales? Est-ce que c’est dans les plans?

Ça fait un petit bout de temps qu’on a envoyé le signal à des amis en France, qui viennent ici des fois, mais les dates n’ont juste pas concordé encore. Là on est en train d’essayer d’organiser une tournée européenne pour automne 2017. On partirait avec 3 joueurs du Québec, et on irait affronter des ligues locales là-bas. On irait voir les ligues les plus sérieuses et on leur dirait donnez-nous vos 3 meilleurs joueurs pis on va venir vous péter! Québec contre Europe!

C’est qui tes 2 coups de cœur. Les 2 vrais all-star du punch club?

Qu’est-ce que ça prend pour être un bon improvisateur?

Je dirais que je ne connais aucun bon joueur qui n’est pas intelligent. Évidemment, le charisme est aussi très important, se laisser aller, etc. Les joueurs qui excellent le plus, je pense que c’est ceux qui réussissent à présenter, à leur façon, des référents culturels que tout le monde comprend. Par exemple, Marie-Êve Morency fait souvent des personnages de genres de matantes, d’agentes immobilières que tout le monde connait c’te madame là, tout le monde là vu quelque part. Tu reconnais tout de suite un million de situations dans lesquelles t’as déjà été.

C’est quoi la chose la plus drôle/weird que t’as vu dans un punch club?

J’en ai vu de toutes les couleurs! Au 2e Punch Club, Maxime Lemire le chanteur de Dance Laury Dance, s’est allumé une clope sur le stage pis il l’a mangé, il a fait un mangina sur scène… il a vraiment expérimenté le « pas de règle ». Sinon une des impros qui m’a fait le plus rire dans ma vie était toute simple, c’était deux gars qui vont dans un Tim Hortons se plaindre que le café est trop chaud. Mais tsé quand une idée est toute simple, mais c’est juste une escalade et les gars se plaignent de plus en plus que le café est trop chaud…je te le dis, tout le monde dans la place riait à en avoir des crampes! Faire les rires les gens pour vrai, ça te fait mal, beaucoup pis plusieurs fois, ça, c’est mon gage de qualité au Punch Club. Je suis prêt à dire, à n’importe qui, « t’as jamais vu un show qui t’a fait aussi rire que le Punch Club ». J’suis game de faire ce pari-là.

Punch Club MTL, 61e édition - vendredi le 28 octobre @ Salla Rossa

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